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L'explosion des banques occidentales est inévitable.

Dernière mise à jour : 30 sept. 2023



Une banque est une entreprise dont l'objet est le commerce de l'argent. Elle emprunte de l'argent ou elle dispose de fonds propres qu'elle prête pour ce qu'elle espère être un profit à un taux d'intérêt plus élevé.


Les banquiers, héritiers des changeurs de monnaie du Moyen-Age, ont également constaté que les déposants comme groupe laissaient constamment une grande part de leur argent en dépôt et qu'il n'y avait pas besoin de pouvoir rembourser immédiatement l'intégralité des dépôts à vue. Au début du XIX ème siècle, 50 % de disponibilités à vue étaient considérées comme nécessaires sur le total du bilan. Puis, 30 % entre 1918 et 1930 par exemple. Maintenant, c'est 10 % au maximum, mais plus généralement, 5 %.

Les banques ont dès lors non seulement prêté de l'argent à long terme avec des dépôts à long terme, mais aussi avec des dépôts à vue. C'est devenu le coeur de leur métier : prêter long avec du court.


Dans un système capitaliste, les banques, comme toute entreprise, devraient pouvoir faire faillite. Soit pour un problème de solvabilité, soit pour un problème de liquidité.


Le problème de solvabilité, c'est lorsque la banque a prêté à des clients qui deviennent insolvables. La banque ne pourra récupérer qu'une partie importante ou très limitée de son prêt. Il y aura donc une perte qui devra être supportée par ses fonds propres. Il est inévitable que certains clients d'une banque fassent faillite. Le tout est que cela soit limité en importance.


Ce problème de solvabilité, même s'il est très limité, va peut-être conduire à un problème de liquidité. Les déposants prennent peur, retirent leur argent parce qu'en effet, leur banque est devenue insolvable. Ou bien parce qu'ils croient à tort qu'elle l'est. Et alors, on a une panique bancaire. Tout le monde retire son argent. Dans l'ancien monde, en faisant la queue. Dans le nouveau monde, on vire son argent électroniquement vers une autre banque plus sûre.


Une panique bancaire quand elle ne se stoppe pas d'elle-même est nécessairement auto-réalisatrice. Les fonds pour rembourser immédiatement les déposants sont de loin inférieurs aux fonds déposés. Ces dépôts à vue ont été prêtés à long terme ou même à court terme et ne sont plus disponibles pour rembourser les déposants. Cette indisponibilité des fonds nécessaires pour rembourser tous les déposants est parfaitement inhérent au système bancaire actuel, dit fractionnel.


La banque fait donc alors inéluctablement faillite.


Pour éviter ces paniques bancaires, vues comme étant indues, on a créé les banques centrales. Elles vont prêter à des banques de leur réseau solvables, mais illiquides. Elles seront les prêteurs en dernier ressort. Pour ce faire, les banques ordinaires ont perdu leur droit d'émission de billets de banque payant à vue l'or promis par leurs billets. Les stocks d'or ont donc été confisqués par les banques centrales. Les banques ne peuvent plus détenir comme fonds propres de métaux précieux : or ou argent. La monnaie fiduciaire, notamment les billets de banque émis par les banques centrales, étaient échangeables à un cours fixe contre de l'or aux guichets de ces banques centrales. Le bilan des banques centrales comprenaient initialement à l'actif suffisament d'or pour couvrir la valeur des billets de banque émis.


Puis, les billets de banque émis par les banques centrales ont été couverts, mais seulement pour une partie significative, par de l'or. C'est ce que l'on appelle le système de l'étalon-or.


Ces paniques bancaires ont été par exemple la justification de la création de la Réserve fédérale américaine en 1913. Elle faisait suite à une telle panique aux Etats-Unis, panique par ailleurs limitée par l'intervention du banquier J.P. MORGAN.


Comme la Première Guerre Mondiale a endetté de manière incroyable les belligérants, le système de l'étalon-or s'est effondré et a été remplacé par le système de l'étalon-échange-or.


On ne pouvait plus échanger des billets de banque contre de l'or aux guichets des banques centrales. Mais, les banques centrales pouvaient échanger leurs créances d'abord en livres sterlings, puis ensuite en dollars contre de l'or. Ce système a été officialisé à la sortie de la deuxième guerre mondiale par les Accords de Bretton-Woods, où le dollar a été garanti comme étant aussi bon que de l'or.


Ce système s'est également effondré le 15 août 1971 par la décision du Président américain Richard NIXON de mettre fin à la convertibilité du dollar en or (A l'époque, 35 US dollars l'once d'or, actuellement 2.000 US dollars)


Pourquoi ? Le financement de la guerre du Viet-Nam et de la Grande société de Lyndon B. JOHSON sans l'augmentation nécessaire des impôts ruinait la balance américaine des paiements, mettant à mal la valeur du dollar par rapport à la valeur des autres monnaies.


Alors, une justification théorique de la politique menée a été fournie par Milton FRIEDMAN, Prix Nobel d'économie, épouvantail du néo-libéralisme : laisser flotter les monnaies. Le marché trouverait le bon taux de change entre le dollar US, le Yen, la Livre sterling, le Deutsche Mark, etc ..


Il en est résulté une dévaluation continue accélérée de la valeur des différentes monnaies. Les banques centrales ont constamment manipulé les taux de change et les taux d'intérêt vers le bas dans le cadre de politiques monétaires visant soi-disant à améliorer l'activité économique.


Ainsi, la devise forte qu'est le dollar américain a perdu 97 % de sa valeur depuis la création de la Réserve fédérale. La livre sterling valait 140 Francs Belges en 1960, soit 3 EUR 50. Actuellement, c'est 1,14 EUR soit 45 BEF pour une livre sterling.


Pourquoi ? Les gouvernements occidentaux se sont livrés à des orgies d'emprunts sans difficultés. La facture était et est payée par une dévaluation glissante de leur monnaie par rapport aux autres monnaies de référence et en interne par l'inflation. Les emprunts publics perdant constamment de leur valeur ont dès lors atterri dans les bilans des banques, obligées par ailleurs règlementairement d'en détenir des quantités astronomiques.


Les grandes banques assurées d'être trop importantes pour que l'on les laisse faire faillite et confrontées à un environnement économique exécrable où la valeur de leurs actifs est érodée par l'inflation ont commencé à jouer de facto au casino pour faire de plantureux bénéfices.


Comment ? En prêtant leur signature. Les taux d'intérêt et de change varient tout le temps. Or, les entreprises ont besoin de stabilité ou en tout cas veulent limiter leurs risques de change ou d'intérêt. Elles s'adressent dès lors à leurs conseillers financiers traditionnels, les banques, pour qu'elles leurs garantissent la possibilité, par exemple, d'acheter 100 millions de dollars américains dans 6 mois à un taux de change fixé à 1,10 dollar américain pour 1 EUR.


Cette activité économique résulte fondamentalement de la fin du régime des taux de change fixes et de l'absence continue de sérieux dans la gestion des finances publiques des pays occidentaux.


C'est une activité économique parfaitement légitime si la contre-partie à ce contrat veut acheter des euros contre des dollars pour financer l'importation de vins et de spiritueux français.


C'est tout aussi légitime si la contre-partie est un spéculateur jouant avec son propre argent.


Cela ne l'est pas du tout si la banque spécule avec l'argent de ses déposants en se disant : pile, je gagne; face, je gagne aussi parce que cela sera le cochon de contribuable qui financera mes pertes. C'est tout particulièrement vrai pour la trentaine de banques dites systémiques (Too Big Too Fail) qui spéculent comme des enragés avec l'argent de leurs déposants.


Concrètement, les grandes banques européennes par exemple ont des fonds propres de 50 milliards d'EUR, un total bilantaire de 1.500 milliards d'EUR et des engagements hors-bilan totaux pour les grandes banques internationales de 4 trilliards d'EUR.


En d'autres termes , pour faire face aux mauvais coups du sort, 50 milliards d'EUR sont là pour prendre en charge des pertes sur prêts hypothécaires, prêts personnels, emprunts finançant des investissements pour un montant de 500 milliards d'EUR.


Sans compter le trou noir des instruments financiers dérivés, qui sont des paris sur l'évolution des taux d'intérêt, des taux de change, etc ... comme expliqués ci-dessus. Globalement, 1 quadrillion de dollars US, c'est-à-dire 10 exposant 15 de dollars US.


Tout cela serait sous contrôle grâce à des instruments mathématiques très sophistiqués. Il n'y a qu'un seul problème de taille. La réalité, c'est que de très faibles probabilités se réalisent.


Ainsi, un exemple particulièrement célèbre. Le 18 août 1913, au Casino de Monaco, le noir est sorti 26 fois de suite. La probabilité d'un tel évènement est infime. Cela s'est néanmoins produit.


Un tel type d'évènement se produira inéluctablement dans le cadre de ces produits financiers dérivés. Mais, à la différence du Casino de Monaco, cela ne sera pas limité à un établissement financier, mais par voie de contagion à l'ensemble du système financier mondial.


Les banques se prêtent en effet au jour le jour dans le cadre du marché interbancaire des montants considérables. C'est indispensable pour un fonctionnement harmonieux de ces marchés financiers. Or tout serait immédiatement gelé si une très grande banque, BNP-PARIS-BAS ou DEUTSCHE BANK par exemple faisait faillite.


Mais, surtout, suite à des contraintes règlementaires et des fonds propres anémiques, les paris inévitables que les banques doivent faire sur l'évolution des taux d'intérêt où un effet mimétique est tout particulièrement à l'oeuvre rendent inévitable une catastrophe.


Au lieu d'avoir une banque qui fait faillite et des déposants plus ou moins maltraités, on aura droit à une rupture brutale.


Impossible me direz-vous. D'abord, les très grandes banques sont particulièrement surveillées. L'exemple du Crédit Suisse montre à quel point cet argument est faux.


Mais, surtout, les banques centrales, dont la BCE, ne pourront pas venir au secours de cette banque en difficulté faute de moyens. Un krach de 500 milliards d'EUR est insupportable par exemple par la BCE.


Le bilan de la BCE est bourré d'obligations étatiques garantissant des prêts particulièrement élevés aux banques de son réseau. Ces obligations sont émises par des Etats avec des finances publiques catastrophiques; Italie, Belgique, France, Grèce par exemple.

La hausse des taux d'intérêt a réduit fortement la valeur vénale de ces obligations. Il y aurait actuellement en avril 2023 une réduction de valeur pour les banques américaines qui s'élèverait à 2 trilliards de dollars, soit l'intégralité des fonds propres de ces banques.


En plus, cerise sur le gâteau, les taux d'intérêts créditeurs offerts par les banques américaines sont faibles. Les épargnants préfèrent obtenir des taux plus rémunérateurs en déposant leurs fonds dans des Fonds Monétaires Mutuels composées principalement d'obligations du Trésor américain à court terme. Ils apparaissent même plus sûrs.


Enfin, les petites banques américaines comme les grandes font face à des problèmes de solvabilité. La valeur d'une partie de leurs actifs, les obligations, a fortement diminué suite à l'augmentation des taux d'intérêt résultant d'une inflation massive. Leurs fonds propres ont disparu.Mais, les déposants prospères des petites banques risquent de prendre peur de voir leur banque faire faillite. Ils estiment à juste titre qu'en cas de problème, l'Etat américain ne viendra pas nécessairement à leur secours comme il le ferait pour une très grande banque, par exemple J.P. MORGAN. Leurs dépôts supérieurs à 250.000 dollars seraient en danger. D'où la conséquence inéluctable d'une fuite des dépôts des petites banques vers les grandes banques. Et dès lors, une faillite autoréalisatrice des petites banques, insolvables et illiquides suite à des paniques bancaires.


Le futur proche est déjà écrit. Soit l'inflation diminue fortement, et alors la situation bancaire se stabilise. C'est très peu probable, si ce n'est impossible. Mais dans ce cas, à court terme, tout ira très bien.


Soit l'inflation ne diminue pas, une résession, une dépression ou une stagflation va se produire. Et la situation sera vite intenable.


La rigidité d'un système bancaire où ces entreprises commerciales ne peuvent plus faire faillite pour éviter que certaines d'entr'elles puissent le faire, conduit inéluctablement à une faillite totale de ce type de système bancaire.


Toutes les banques ont intérêt à spéculer sans vraiment se soucier si elles feront faillite ou non. Pourquoi ? Parce que en cas de catastrophe, le contribuable paiera directement ou indirectement. Et inévitablement, une de ces spéculations tournera mal, très mal. Les banques centrales vu l'ampleur du problème ne pourront pas sauver la situation.


Quand cela se produira-t 'il ? Je n'en sais rien. Mais, probablement plus tôt que l'on ne le pense. On commence vraiment à être au bout des trucs et des ficelles visant à rafistoler la situation.


Face à une telle crise, la solution qui sera proposée par les autorités politiques occidentales sera l'utilisation renforcée des Droits de Tirage Spéciaux du Fonds Monétaire International pour refinancer les Banques centrales et l'utilisation obligatoire de monnaies numériques dites cryptomonnaies pour toutes les opérations financières.


Cela sera une nouvelle tentative de créer une économie planifiée, avec l'absence totale de la moindre chance de succès.








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